![]() |
Professeure Téléphone : (514) 987-3000, poste 2105 |
| Voir la capsule vidéo |
Andrée Martin détient un doctorat en Arts et Sciences de l'Art de l'université de Paris 1 (Sorbonne), un DEA en Esthétique et Sciences de l'art de l'université de Paris 1 (Sorbonne), de même qu'une maîtrise en danse de l'université de Paris IV.
Professeure au Département de danse de l'Université du Québec à Montréal depuis le 1 janvier 2003, ses recherches-créations touchent principalement au corps en étoile et à sa dimension rhizomatique, à la question complexe de l’articulation entre la théorie et la pratique, de même que sur la transversalité en art (théorie et applications), et plus particulièrement celles se rapportant à la danse, au cinéma et aux arts visuels. Actuellement, elle travail au développement d’un Abécédaire du corps dansant, un projet de longue haleine menant à une suite d’essais littéraires et scéniques sur le corps dansant (déjà présenté au Canada, au Mexique, au Chili, en Belgique, en Espagne et en France).
Auparavant, en tant que directrice de projets, elle a été responsable des rencontres internationales Territoires en mouvance (Département de danse, Centre d’Arts Vooruit et Agora de la danse, 2003), de même que de l'événement Le corps au travail (Body at Work), rencontres internationales et pluridisciplinaires sur la question du corps dans le travail, le corps travaillé et travailleur (Département de danse, Festival de danse de Munich et Agora de la danse, 2006).
Scénariste et réalisatrice, Mme Martin a signé plusieurs documents, dont Danser Perreault (2003), Édouard Lock : Portrait d'un créateur (2000), Ginette Laurin : Poète du mouvement (2000), Sans Titre Rouge (réalisation, 1998), Bice (réalisation, 1996). À ce titre, elle remporte en 2003 le prestigieux Rogers documentary fund pour Danser Perreault (réalisation Tim Southam, production Les films de l'Isle; prix de la meilleure oeuvre canadienne au Festival international des films sur l'art - FIFA 2005).
Mme Martin a aussi pratiqué le journalisme (spécialisé en danse) au sein du quotidien Le Devoir et à la Chaîne culturelle de la Société Radio-Canada (1994-2001), et a collaboré à de nombreuses revues, dont Ballet-Tanz International (Allemagne), la Revue du Théâtre de la Ville (Paris), Alternatives Théâtrales (Belgique) et Les Cahiers de théâtre Jeu (Montréal).
Récipiendaire du Prix Andrée Paradis 1995 pour son article Angèle Verret, à voir et à toucher (Vie des Arts, automne 1994), elle a dirigé en 2003 l'ouvrage Territoires en mouvance (en introduction aux rencontres internationales du même nom), de même que le dossier Le corps en mouvement pour le compte de la revue Vie des Arts (Hiver 2004-2005).
![]() |
The planes of the body revealed |
![]() |
Édouard Lock |
![]() |
Des corps remplis à pleine capacité |
![]() |
De l'encyclopédie, du coprs et de la chorégraphie |
![]() |
Le choc d'une danse au-delà de l'espace et du temps |
![]() |
Un léger arrêt du temps |
![]() |
The interactive choreography boom in Canada |
![]() |
Objectif corps : l'insoupçonnablee multiplicité de l'être |
![]() |
Édouard Lock ou l'accélération du temps |
![]() |
Meriem Bouderbala, peintre de l'origine |
![]() |
De quelques volutes corporelles |
![]() |
Dessins et nominations chorégraphiques : avant le premier pas |
![]() |
Angèle Verret, à voir et à toucher |
![]() |
La fondation Jean-Pierre perreault, dix ans d'espace et de corps |
![]() |
L'instinct en chair et en os |
Comment le corps se construit-il et est-il construit en danse? De quelle manière le danseur et le chorégraphe travaillent-ils le corps au quotidien, lui proposent-ils ou lui imposent-ils une énergie, une plastique, une attitude, une esthétique? Ouverte, plurielle, mais aussi manichéenne, la cohabitation intime du danseur avec son corps se constitue en un tissage et un (dé)tissage constant de dynamiques, d’efforts, d’exercices et de pratiques, mais aussi à travers le jeu des simultanéités et de la circulation libre – ou contrôlée – de désirs (d’être à la hauteur, le meilleur, énergique, etc.), d’enjeux, de modèles (à suivre ou à ne pas suivre), de traditions et de réactions à ces mêmes traditions.
L'ouverture que le corps dansant propose, corps non pas fixe mais en mouvement, fait de lui un composé difficile à saisir et à cerner ; réalité fluide, toujours en perpétuelle transformation, jamais donnée d'avance, à laquelle le danseur consacrera sa vie entière. Dans le corps dansant, chaque partie, chaque élément, chaque dynamique fait partie d'un tout qu'on ne saurait fragmenter, au risque d'en perdre l'essence. Sa réalité passe donc inévitablement par un composé esthétique, social, culturel, psychologique, anatomique et physiologique, par la multitude de dialogues entre l'une et l'autre de ces composantes. Un corps construit et pluriel, traversé par une infinité d'approches, de techniques, de discours, de regard et de point de vue sur, de questions et d'interprétations. Et c'est à travers la simultanéité de ces approches et de ces dialogues, toujours en train de se défaire et de se refaire, que le corps du danseur se déploie et se renouvelle jour après jour.
C'est de ce corps construit, ouvert et pluriel que je parle dans ce projet, à la fois réflexion théorique et essai artistique. Parler du corps dansant (vu ici autant comme lieu de l’expérience que comme art de la scène), à travers sa beauté, ses forces et son apparente perfection, mais aussi ses failles et ses paradoxes ; corps de la jouissance et de la performance, mais aussi corps du dressage, de la souffrance, de la blessure, de l’usure et du vieillissement. Entre haute voltige corporelle et chute du corps, donner la mesure la plus juste possible du corps dansant. Mon désir et mon but, développer des créations et une suite de réflexions à partir du travail, de l'expérience et du questionnement quotidiens du danseur ; au studio comme à la scène, en situation de performance. Partir de celui qui volontairement a choisi la danse comme métier, passion et mode de vie pour ainsi mettre en lumière la relation de cohabitation intime et souvent manichéenne du danseur avec son corps.
Afin de rester au plus près du jeu des simultanéités et de la circulation libre des dynamiques, des concepts et des notions propre au corps dansant – va-et-vient entre corps-technique, corps objet et œuvre d’art, mémoire kinesthésique du corps, corps surnaturé, technologie de soi (Foucault), habitus de corps (Bourdieu), somaesthétique de représentation et d’expérience (Shusterman), etc. -, ce projet de recherche-création a pris la forme d’un abécédaire. Un peu à la manière de L’Abécédaire de Gilles Deleuze réalisé par Claire Parnet, de L'empire des signes de Roland Barthes (Éd. Flammarion), ou encore de Métissages d'Alexis Nouss et François Laplantine (Éd. Pauvert), déployer la création et la réflexion sur et à propos du corps dansant à partir d'une suite de termes : A- action, B- blessure, C- chute, D- dressage, E- expression, F- faille, G- geste, et ainsi de suite, jusqu’à la lettre Z. 26 lettres, 26 termes, comme autant de déclencheurs pour parcourir d'une manière non linéaire le corps dansant.
Correspondant chacun à une proposition, tantôt scénique, tantôt essais réflexifs, et tantôt les deux, chaque terme s’installe ainsi comme une source de concepts et d'informations autour du corps dansant et l'occasion d'ouvrir sur un vaste de champ de réflexion. Ainsi, comme la danse l'offre spontanément au spectateur qui la regarde, cet abécédaire donne la possibilité aux spectateurs et aux lecteurs l’occasion de parcourir librement et à sa guise, l'énigmatique mais non moins fascinant corps dansant.
Ou comment jouer et se jouer du lien théorie-pratique à travers un « work in progress » créatif et ludique.
Ce projet est né d'un désir d'ouvrir les champs d'échanges et de communication entre la réflexion de nature théorique et la création artistique. Malgré les nouveaux paradigmes mis de l'avant à travers le concept de recherche-création, il semble que nous ayons encore du chemin à faire dans l'élaboration de propositions au croisement de la théorie et de la pratique, de même que dans la reconnaissance et la validité de ce type de propositions.
26 danses pour un seul corps plonge dans l'aventure du dialogue entre la danse elle-même et la réflexion sur celle-ci. À partir de la réflexion développée dans l' Abécédaire du corps de la danse - soit 26 termes pour autant de champs d'investigations théoriques et réflexives -, élaborer une suite « d’essais dansés » comme autant de lieu de résonance de ces réflexions ; non pas illustration simple ou répétition du même, mais bien jeu des échos, des simultanéités et des différences. En fait, ces « essais » sont autant de moyens et d'opportunités de travailler, manipuler et questionner, avec le corps et le mouvement, les sujets et les concepts abordés dans les textes de l'Abécédaire. Sous diverses formes, ces « essais » donneront ainsi la mesure corporelle des textes dont ils se seront nourris, inspirés, mis en parallèle. En résulte, une série de rencontres (présentations) en direct où textes réflexifs et séquences dansées constituent la matière première de ces moments de dialogues entre le corps et la réflexion sur celui-ci; autant lecture et spectacle, qu’essai littéraire et création chorégraphique.